L’essentiel pour votre visite pas à pas
Cette page vous accompagne tout au long de votre visite. Vous y découvrirez l’histoire du site, les principales étapes de son occupation ainsi que les différents éléments visibles au cours de l’ascension et de la visite du château.
ℹ️ Temps de lecture : 10 minutes • Temps moyen de visite : 2 heures • Difficulté de l’ascension : moyenne

Montségur avant le Montségur cathare
D’après les recherches archéologiques, les premières traces d’occupation du Pog (montagne) de Montségur remonteraient à l’âge du bronze, toutefois des indices du Bas-Empire (tegulae, monnaies, céramiques) suggèrent également une occupation gallo-romaine du site.
Période cathare (1204 – 1244)
En 1204, à la veille de la croisade albigeoise, deux diacres cathares demandent à Raymond de Péreille de “reconstruire le castrum de Montségur”. Occupé de 1204 à 1244, le castrum (village fortifié) accueille une population de religieux cathares, croyants, chevaliers faydits… À certaines périodes, plus de 500 personnes y vivent. En 1232, Montségur devient le siège de l’Église cathare.

Qui sont les cathares ?
Mouvement dissident contestant l’autorité du clergé catholique, le catharisme est un christianisme qui repose sur une vision dualiste du monde : le Bien, associé à l’esprit et à Dieu, s’oppose au Mal, lié à la matière et au monde terrestre ; ses membres se distinguaient entre croyants et “Bons Hommes”-“Bonnes Femmes”. Ces derniers, piliers spirituels du mouvement, s’engageaient dans une vie de travail et de prière après avoir reçu le Consolament, rite fondateur de leur foi.
La vie sur le Pog
Au fil du temps, le castrum de Montségur devient une véritable bourgade fortifiée occupant l’ensemble du sommet de la montagne. Les maisons, construites en bordure du vide, s’organisent le long d’un réseau dense de ruelles, d’escaliers et de passages étroits, formant un véritable village.
Le siège et la chute (1243 – 1244)
Après l’échec d’un premier siège en 1241 et le massacre des inquisiteurs à Avignonet en 1242, les autorités catholiques exhortent le roi de France à en finir définitivement avec Montségur. En mai 1243, l’armée royale vient assiéger le castrum. De mai 1243 à mi-décembre 1243, les assiégés repoussent les assauts et mettent les croisés en échec. Le tournant du siège survient à la Noël 1243, lorsqu’un commando franchit les falaises pour s’emparer du Roc de la Tour, le poste fortifié qui verrouillait l’est de la montagne. Depuis cette position stratégique, les assaillants installent leurs machines de guerre et pilonnent les défenses du castrum.

Le 2 mars 1244, les défenseurs capitulent. Une trêve de quinze jours est alors accordée aux assiégés. Le 16 mars 1244, les 225 cathares présents à Montségur refusent d’abjurer leur foi. Ils sont conduits au pied du Pog, au lieu-dit Prat dels Cramats, où ils sont brûlés vifs sur un immense bûcher.
Après la reddition, le castrum est entièrement démantelé : les maisons et les bâtiments qui occupaient le sommet de la montagne sont détruits.
Après Montségur
À la fin du XIIIème siècle, une nouvelle forteresse est édifiée sur les ruines de l’ancien castrum de Raymond de Péreille par la famille de Lévis.
Cette reconstruction s’inscrit dans un contexte difficile lié aux guerres de frontières entre les royaumes de France et d’Aragon. Le château devient une place secondaire.

Éléments de visite du château de Montségur
Dans un premier temps, vous commencez l’ascension par une forte pente à travers des prés ; vous atteignez la stèle commémorative du bûcher du 16 mars 1244.

Ensuite, le sentier s’enfonce dans la forêt. Traversez le sous-bois : c’est au sortir des arbres que commence véritablement l’exploration archéologique du Pog.
Le long du sentier se trouvent des vestiges de maçonneries qui correspondent aux premières constructions appartenant au castrum cathare.

Plus haut, apparaissent des marches taillées dans la roche. On les appelle « pas d’âne » : leur profil long et peu élevé permettait aux ânes et aux chevaux de gravir la montagne sans encombre.

L’usage intensif d’ânes et de chevaux était en effet indispensable dans les premières décennies du castrum. Les sources textuelles de l’époque révèlent que Montségur était loin d’être un site isolé : la vie y était rythmée par d’incessants va-et-vient et de nombreux échanges de marchandises avec les villages environnants. Faute de routes carrossables sur ces pentes escarpées, hommes et femmes comptaient quotidiennement sur la force de ces animaux pour hisser les vivres, les matériaux et les ressources nécessaires à la vie de la communauté.
Après les marches en pas d’âne, vous pouvez observer, sur votre droite, les vestiges d’un imposant mur en pierre. Il s’agit des restes de la première enceinte fortifiée du castrum cathare.

En allant encore un peu plus haut, en levant les yeux, la forteresse semble soudain vous surplomber. C’est ici, dans la partie sud du castrum que se dévoilent les premières terrasses qui accueillaient autrefois les habitations du village cathare. En poursuivant votre observation, vous remarquerez également les vestiges d’autres murailles défensives qui protégeaient ce flanc de la montagne.

Continuez et vous monterez sur la passerelle qui vous permettra d’atteindre la porte du château.
Attention, changement d’époque. Ce château n’a été construit qu’à la suite de la destruction du castrum, sous le règne de Philippe le Hardi (1270-1285).
Depuis la passerelle, prenez le temps de marquer une pause si le ciel est dégagé. Le panorama qui s’offre à vous est grandiose : laissez votre regard porter sur les sommets environnants, notamment le col de La Peyre et le sommet du Soularac.

En pénétrant dans la forteresse, replongez dans l’histoire : nous sommes ici au cœur des enjeux géopolitiques de la fin du XIIIe siècle : le Languedoc vient d’être rattaché à la couronne de France, mais juste derrière les montagnes s’étend la partie du comté de Foix sous l’autorité du puissant royaume d’Aragon. C’est pour faire face à cet éventuel adversaire que le château de Montségur est construit pour servir de sentinelle. Il devient alors une des places fortes stratégiques au sein du nouveau dispositif défensif français.
À l’intérieur du château, la cour du château était occupée par différents bâtiments (logis, granges, écuries) dont il ne reste que la trace des poutres et des escaliers.

Le donjon domine l’ensemble : à l’origine, il s’élevait plus haut qu’aujourd’hui. Les archéologues estiment qu’il lui manque au moins un étage ainsi que sa toiture. L’entrée actuelle de cette tour n’est pas d’origine : on y pénètre aujourd’hui par ce qui était autrefois la citerne.
À l’origine, l’accès se faisait par une porte au premier étage. Cet étage était percé de quatre fenêtres à bancs de pierre. Une porte ouvrait sur un escalier à vis qui menait aux étages supérieurs et descendait également vers la salle basse. Cette sorte de cave était couverte d’une voûte en pierre, dont subsiste encore l’empreinte de l’arc brisé. Percée de cinq archères, elle remplissait à la fois une fonction défensive et servait d’espace de stockage.
À l’extérieur du château, au pied du donjon, se trouvent des terrasses. Ce sont les vestiges de l’ancien castrum cathare (emplacement des habitations, citernes, escaliers très étroits…). Au musée de Montségur des restitutions permettent de mieux visualiser l’organisation de ce castrum.
